15 sept. 2017

J'ai rêvé que Stevie Wonder était dans la salle. Qu'il rigolait avec moi. Qu'on chantait ensemble. Qu'il jouait de l'harmonica spécialement pour nous, comité intimiste. Que ses tresses se balançaient avec ses hochements de tête. Qu'il avait le sourire aux lèvres, les dents blanches, la face tournée vers le soleil. Que son corps épais, âgé, avait une énergie mystique qui touchait unanimement les gens comme un arbre de vie, et qui préservait leur humilité. Qu'il était, en somme, parfait.

Au tournant du couloir, mes yeux secoués voyaient les portes de l'ascenseur se fermer avec lui. Il partait en direction de la sortie. Épris par le blues, par le remord que je n'aurais pas profité de lui jusqu'aux dernières secondes de son trajet, je me mis à chanter devant les portes fermées de l'ascenseur. Deux étages plus bas, il entendait. Avec son timbre de voix chaud, tropical, il se mettait à chanter à l'unisson, les mêmes paroles en parallèle.

23 août 2017

Assis devant la piste de danse à ciel ouvert. Caché sous les arbres. Il fait nuit. J'essaye de lire un roman. Distrait par deux enfants – frère et sœur –, qui s'écrabouillent en tango mortel. J'en veux deux.

La serveuse possède un fessier somptueux. Un corps frais, bien galbé comme une grenouille, chair tendre, formes généreuses qui se devinent à la lumière dure des spotlights. Cerise sur le gâteau : elle porte la queue de cheval.

Quelle ambiance ! Quel charme. Un esprit mille neuf cent :  des arbres en rangée, une architecture droite en marbre. Une pointe, heureusement soft, d'art nouveau, comme une émincée de cannelle sur une escalope de dinde assaisonnée. Il y a tant de beauté dans l'ordre. La rondeur est quant à elle délicieuse lorsqu'elle n'a rien à voir avec l'athéïsme.

Nous sommes ici, seuls au monde, au milieu du parc de la Pépinière de Nancy. Que du vert autour de nous. La ville semble muette. C'est sur ce terrain de sable ocre qu'en octobre dernier, je vivais, rembourré, un concert de jazz divin : Gregory Porter associé à Cory Henry en première partie. Adeptes de funk catholique. L'extase d'une improvisation juste quoi que titubante. Le jazz à l'état pur, dans son délire, dans sa sérénité. Mon signe de croix devant Porter, le regard inondé d'angélisme, m'attirait la paix.

Cette nuit, j'ai fait fais mon signe de croix des dizaines et des dizaines et des dizaines et des dizaines de fois, priant pour chaque enfant, chaque homme, chaque femme contribuant à cette exhibition princière de beauté charnelle. Leurs pieds en symbiose arrivant à comprendre ceux de leur partenaire, leur corps en aimantation totale, qui s'élancent et qui s'attirent comme les cordes d'un ring.

Les experts écrivent des partitions d'anthologie, qui comme la majorité de l'oeuvre d'un big band des années tentre, partira sans enregistrement dans la grâce du vent. Oh mon Dieu... Que vois-je ? Au loin, un couple danse impeccablement le slow. La demoiselle, escarpins aux pieds, robe décolletée blanche, se hisse sur la pointe des pieds. Elle s'abandonne, statique, poids en avant contre le torse de son mari. Il tourne en cercle autour d'elle. Il est comme une planète autour du soleil. L'axe de rotation emporte la femme. Si la beauté se consomme, celle-ci se respecte. Et on se fait tout petit devant.

De quoi parlait le livre ? Ah, oui. L'enfant et la rivière, d'Henri Bosco. Ce livre et ce paysage partagent la même simplicité. Ils ont ce même air rustique de vieille France. Le vent y flotte. L'aventure nous appelle comme un frétillant interdit.

3 août 2017


Louis Émile Adan

11 juil. 2017


Des signes de croix, seul dans un couloir, me sont réprimandés tandis que leurs blagues pipi caca ouvertes à toute la polyclinique font lien social. Ignorant la beauté, ils se permettent le commérage. Le bruit court que je suis bizarre.

Quand le sacré battait le profane en terme de réputation, les lieux sataniques comme l'hopital où je travaille en tant que brancardier cet été, avec son climat soviétique et ces collègues inutilement hargneux, étaient couverts de honte. À cette époque, le roi imagéïfiait la foi publiquement. La foi ne se tamisait pas ou peu. Elle ne se diminuait pas au substantif protocolaire de "culte". On ne la reléguait pas à ses "lieux de culte" attitrés bien en marge des lieux de vie courants. L'Homme n'osait d'ailleurs guère employer un langage bureaucratique asphyxiant le monde de la spiritualité qui naturellement l'incombe.

L'homme était capable de rendre un petit hommage à Dieu, par un signe de croix discret au détour d'un couloir dépeuplé, en passant à côté d'une baie vitrée bélvédère, entre deux courses. Sauf que là, une chipie m'épie et diffuse l'information qui bouille dans mon dos dans tous les blocs jusqu'à me revenir sous forme de réflexion le soir. Séparer les sphères, qu'ils veulent.

La laïcité a été inventée par l'Église.

La laïcité fait de quiconque le porte-étendard de l'Église dans la société civile, en lui donnant un statut et une responsabilité au sein de l'Église. Séparer les deux sphères sous prétexte de laïcité est donc absurde, et comme l'appuient. Charles de Foucault ainsi que Jésus, qui est un laïc, le laïc convertit l'autre par son étincelle inadvertante au fil d'un repas, d'un commerce d'épices, de son activité professionnelle ou extraprofessionnelle.

C'est moins au nom de la laïcité que de la mort qu'ils essayent de cadenasser les âmes en compartiments : là-bas, pouvoir penser à Dieu; ici, ne plus y penser, ou alors penser à le proscrire 😉. Depuis que le gauchisme, et mai soixante-huit, infantilisent et agitent tous les bocaux, la laïcité, transformée en laïcisme, est un prétexte politique pour déspiritualiser le monde.  C'est parce que la démocratie est dominée par des boucs que faire un signe de croix devient si mal vu, autant en public qu'en privé, ça n'a pas d'importance. Que Dieu réinitialise la Terre. Que sa Création, salie par des siècles de politique satanique, finisse purifiée.

2 juil. 2017

Ô ma roseraie
Je te trucmucherai
Élaguerai tes épines
Et je t'embrasserai

Tes seins doux
Que voici pointer,
Je les trucmucherai
Alvéoles du plaisir

Que je rêve de saisir
Tes yeux bleu navire
Qui font battre les ailes
Et perdre ligne de mire

Ô mon ange,
Ton âme,
Le chant d'une mésange
Madame

Ouvre-moi la porte et peu m'importent,
Le temps, les peurs, les erreurs
Le plaisir est à nous
Je t'embrasserai jusque dans le cou

14 juin 2017

Chronologie de ma performance au stand de tir


1. Très dispersé (12 dedans, 7 dehors)


2. Symétrie par la gauche (13 dedans, 10 dehors )
Morale : je ne suis pas gauchiste


3. Du mieux (8 dedans, 3 dehors).
Meilleur ratio. Plus de régularité


4. Concentration (5 dedans, 1 dehors)
Je deviens bon. Ratio meilleur. Je raccouris mes séries


5. Quand je pense très fort à ma femme. Et à Bouddha. Et à Dieu.
(perfecto. 8 dedans, une régularité exemplaire et des tirs très proches du bull's eye)


6. La petite débandade ? (10 dedans dont 2 bull's eye, 3 dehors)
Je suis bien meilleur qu'au début. Les bull's eyes arrivent pour
la première fois


7. On se ressaisit. On a la gnaque. (11 dedans dont 2 bull's eye, 2 dehors)
Style régulier : je lève la carabine de bas en haut, de manière rectiligne,
ce qui se traduit à l'image par une ligne droite.


8. Niveau de croisière (6 dedans dont 1 bull's eye, 1 dehors)
La seule erreur est due à une perte de concentration, car le
monsieur de derrière est parti et ça a fait du bruit


9. En pensant à ma femme
Ce qu'on appelle être déchaîné.
Série longue. Mais pas un seul bull's eye.
Je commence à avoir le culte de la perfection
et ça me pose problème (20 dedans, 2 dehors)
Je suis excellent


10. La fermeture de l'établissement arrive bientôt, je le sais et
ça me stresse. Deux erreurs grossières. (5 dedans, 2 dehors)


11. Je lâche prise, surpassant la pression par la pensée positive.
Mon corps est détendu, mes muscles sont à nouveau relâchés,
compacts et saillants. Mon cœur bat fort. (5 dedans, 1 dehors)
Régularité au centre-haut


12. Le test final, et je sors avec le moral d'acier.
Mon cœur bat très fort. (perfecto, 6 dedans)

5 juin 2017

Clôtureur d'église


« - Comment s'est passé le week-end ?
- Je ne savais même pas qu'on était en week-end, ou que le week-end était terminé.
- Haha. Il faut redescendre sur Terre.
- Non non. Je suis très bien en haut. »


1 juin 2017

Pourquoi Jésus est le modèle de vertu virile par excellence


Souvent vu comme un bouffon, Jésus est le modèle de vertu virile par excellence que la plèbe post-moderne ferait mieux de comprendre et très vite. En effet, quoi de plus couillu qu'un mec descendu des cieux pour se faire descendre ? Ne pas se reposer sur ses lauriers et venir remettre en question sa légitimité sur Terre au milieu de gros cons qui vont le juger. Un saint qui vient se soumettre à l'approbation des hommes, ces gueux qui n'ont jamais saisi rien à rien à la beauté, alors qu'il n'en avait pas besoin. Convaincre et gagner quand même la bataille contre le mal.


Quoi de plus humain qu'un diplomate qui trouve toujours le bon mot et l'élan vital suffisamment énorme pour guérir les malades, y compris à distance et par le verbe ? « Lève-toi, prends ton lit, et marche » : en sept mots, Jésus redonne la faculté de marcher au handicappé qui était paralysé depuis 38 ans, et dont la vie était devenue un enfer. Voilà le sens de l'amour. Par la Parole, Jésus assène d'inimitables coups de pieds au cul, qui sauvent le mental – ce mental innondant ensuite le corps de bonnes radiations. Jésus est le roi de l'euphémisme. N'attendez pas des litanies. Il est la méthode Coué 2000 ans avant son invention : il offre l'autosuggestion positive.


"Va, car ta foi t'a sauvé.". Contrairement à la croyance populaire, rien ne dit que le lépreux a été guéri de sa maladie physique. Il se peut très bien qu'il soit toujours lépreux même après la rencontre. En revanche, il est guéri dans son âme. Parce qu'il croît, il est devenu libre : il n'a plus de poids sur la conscience. Voilà la liberté. Prends-ça dans ta face, Simone de Beauvoir, toi la mal-baisée qui prétendait qu'une femme libre est tout sauf une femme légère. Va, car ta foi t'a sauvé.


À une heure où ces crétins d'humains se branlent la bite sur leur concept farfelu de "justice sociale", fadasserie archi-impossible, Jésus, lui, est la justice de Dieu : largement supérieure, au cœur de la réalité, avec des preuves tangibles via les miracles (Lourdes, la Libération américaine de 1944, Jeanne d'Arc, Fatima, Sœur Faustine). Dieu est rapide à l'amour et lent à la colère. Arrivant de manière inattendue lorsque tout semble se porter au plus mal, comme la lucarne à la 94e minute du match de foot dont parlait Jean Lassalle, sa justice s'exerce par des biais qui dépassent notre entendement. Nous n'avons aucune idée du bien commun, sauf peut-être les royalistes, qui s'en rapprochent le plus. Bien prier commence par prier pour que la volonté du Seigneur s'exerce à travers nous.


Lorsque Jésus naît en Gallilée, les Juifs s'attendent à ce que l'homme providentiel qui va les sauver soit un homme de fougue, de guerre, de poigne, qui détruirait l'envahisseur romain et qui réétablirait des limites strictes. Jésus propose cela, car il n'est en rien laxiste, mais il leur propose en supplément par une nuance extrêmement bien tournée l'ouverture d'esprit. Cette ouverture d'esprit n'est pas une fêlure du crâne comme l'ont les modernes. C'est un homme de poigne, comme Trump, qui se superpose à un homme de finesse, comme... ah bah – comme Trump.


Au Temple, il fout la merde. Il renverse la table. Ces putains de voleurs se prennent un instant karma dans la gueule. Hahahaha. Il a la maîtrise. La détente. Le charisme. L'élégance morale qui consiste à cacher ses victoires en défaites. La puissance. Il encaisse. Il revient. Il reste lui-même. Il est boxeur dans le style d'Emanuel Augustus : capable de se prendre une balle dans le crâne et de résister. Certains qualifient Jésus de centriste, ce qui est une insulte et probablement le pire nivellement par le bas possible et imaginable. Jésus est l'extrémiste sine qua non : placez-le à gauche ET à droite. Il est un mystique, pas un politique, qui transcende toute cette merde beaucoup mieux que Macron. Il a révolutionné le monde par sa gentillesse et par sa violence, les deux à la fois. Oui, je sais que c'est incompréhensible par la majorité d'entre vous. Mais respectez ça au moins et vous en verrez les effets. Si l'homme parfait existait aujourd'hui, il serait un croisement de Jésus et de Jean-Paul Belmondo. Je dis ça sans prétention.

21 mai 2017

Je n'aime pas l'homosexualité. L'Église va devoir s'excuser pour ça à cause du progressisme. C'est ridicule. Le sexe sans projet de procréation est inhéremment pervers.

9 mai 2017


Le Christ - Antoine Opala

5 mai 2017

Un yaourt emporté dans le vent
Oups, s'esclaffa entre les dents
Fût broyé, finit au palais
Logé au velours de l'Intérieur